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Préalable pour un programme électoral

Manifeste pour les quartiers populaires du 18ème arrondissement

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personnages flous2Habitants des quartiers populaires du 18ème arrondissement en rénovation urbaine depuis 30 ans, nous constatons qu'ils demeurent  défavorisés et restent des zones de relégation urbaine.

Nous avons donc décidé de constituer une liste de 45 habitants en vue des élections municipales de mars 2014.

Par cette liste, nous voulons mettre sur le devant de la scène les problèmes de ces quartiers. De sensibilités politiques différentes, mais loin de toute considération partisane et doctrinale, les membres de cette liste de citoyens ne se disent pas apolitiques. Ils en sont simplement venus à acquérir et partager une expertise locale commune et proposent des solutions qui répondent aux attentes des habitants, sans faux semblants, dans le cadre de la loi et des principes républicains.

 
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Bref état des lieux
Ce que nous proposons
 
1 - Un tissu commercial tourné vers l’extérieur
2 - Les commerces illicites de rue, un choix à faire
3 - Les copropriétés et les logements sociaux, acteurs
4 - La prostitution, conditions de sa présence et de sa disparition
5 - La toxicomanie, en sortir
6 - L’école, retisser les liens par le haut
7 - Maisons de quartier, piste pour une solution
8 - Services publics de proximité, une nécessité
9 - L’urbanisme, cache-misère ou citoyenneté retrouvée
10 - Les conseils de quartiers, des objets non identifiés
 
 
Bref état des lieux, origines [retour au  sommaire]

Les pouvoirs publics ont longtemps utilisé les quartiers populaires du 18ème comme espace de relégation des migrations successives et, simultanément, comme zone de cantonnement de tout ce qui pouvait être dérangeant pour le reste de la capitale.

Parce que ces quartiers seraient composés d’une population modeste, souvent pauvre et précaire, la loi républicaine pourrait n’y être jamais appliquée tout à fait comme ailleurs : la tolérance aux actes de délinquance et aux troubles à l’ordre public en même temps que le maintien de la précarité auraient ainsi été un choix politique délibéré.

Au cours de ces trente dernières années, ces quartiers se sont enfoncés dans la pauvreté et la délinquance alors que, par ailleurs, on vantait les mérites d’une économie dérégulée où il n’est plus besoin de travailler pour s’enrichir. Les habitants en ont retiré un profond sentiment d’injustice.

Aujourd’hui, reste que le laisser-faire des autorités a fait des ravages dans nos quartiers. La recherche de l’argent facile y prend la figure du jeune dealer et du trafiquant d’objet contrefaits ou volés ; la prise de stupéfiants, celle du cracker errant enfermé dans son monde ; le commerce de services sexuels, celle de femmes réduites à l’esclavage par des réseaux organisés.

perplexe2Sans promesses crédibles pouvant encore faire sens, les habitants se tournent vers les pouvoirs publics et les appellent à l’aide.

Or, à supposer que les pouvoirs publics aient vraiment l’intention de s’attaquer à ces phénomènes enkystés depuis longtemps, ils restent soumis à des revendications contradictoires : celles des tenants du statu quo (certains élus municipaux et associatifs) et celles des habitants aspirant à un minimum de sécurité et de réappropriation de l’espace public.

Embarrassés, ces pouvoirs naviguent à vue et zigzaguent en permanence.

La résolution de ces problématiques fondées sur un programme clair sera pour nous l’enjeu de ces municipales.

 

 Ce que nous proposons [retour au sommaire]

Nous pensons que les actions publiques déjà mises en place sur différents secteurs, dont la ZSP, sont indispensables et doivent être renforcées. Mais pour autant, souffrant d’un manque de moyens et de l’embarras de ses acteurs, elles ne sont pas suffisantes. D’autres pistes doivent être examinées en parallèle. Analyses et propositions.

 

1 - Un tissu commercial tourné vers l’extérieur [retour au sommaire]

salete A certains endroits les commerces, bars et restaurants, qui d’ordinaire constituent le poumon d’un quartier, sont majoritairement tournés vers une clientèle venant de l’extérieur, des banlieues et parfois de très loin. Une partie de cette clientèle est indifférente au quartier et aux nuisances engendrées : sur-occupation de l’espace public (parfois de façon délibérée), saleté et dégradation de la voirie, tapage diurne et nocturne, consommation d’alcool sur la voie publique, trafics etc.

Un grand nombre d’habitants en sont venus à s’approvisionner et à développer une vie sociale exclusivement en dehors du périmètre de leur résidence : rue du Poteau, marché de l’Olive etc.

A la Goutte d’Or plus particulièrement, le commerce est devenu un mono commerce, de gros le plus souvent. Ce quartier est, en quelque sorte, le Rungis déréglementé avec des boutiques trop petites qui utilisent leurs camions immobilisés comme espaces de stockage. Cela tient sans doute au fait que, pendant longtemps, les pouvoirs publics n’y ont pas fait respecter les lois, les arrêtés et les réglementations en vigueur sur le reste de Paris, confortant en cela le sentiment d’injustice et d’exclusion.

Les règles en matière d’hygiène, d’étalage ou de contre étalage, de pose d’enseigne, d’heures de livraison, ne sont plus appliquées, ou alors timidement et ponctuellement, par les services de la Mairie.

La préfecture de police, depuis maintenant un an, dans le cadre de la ZSP, a entrepris de contrôler systématiquement tous les commerces contrevenant au droit du travail, au droit fiscal et aux règles sanitaires. Certains de ces commerces ne sont plus que des façades pour des activités délictueuses.

La tâche est considérable et la remise en ordre de l’activité commerciale n’est, selon nous, pas du seul ressort de la police.

 
Proposition 1
Si nous voulons obtenir des résultats pérennes, nous pensons qu’il faut s’attacher à rééquilibrer le tissu commercial en dynamisant le commerce de proximité. Nous proposons d’étendre au plus vite à ces quartiers le dispositif Vital’quartier là où il n’existe pas de parc social. Ce dispositif a déjà fait ses preuves dans d’autres arrondissements.
Nous proposons d’accélérer l’installation du marché dit «des 5 continents» qui doit désengorger le secteur Château Rouge en permettant aux commerces de gros d’exercer leurs activités dans des conditions appropriées. Ce « marché des 5 continents » est jusqu’à présent l’arlésienne de chaque élection municipale.
 
 
 

2 – Les commerces illicites de rue, un choix à faire [retour au sommaire]

tout_pour_rienL’occupation permanente de l’espace public par le trafic de vendeurs à la sauvette en tout genre (produits de contrefaçon, denrées alimentaires)— occupation souvent massive comme sur le triangle des rues Dejean/Poulet/Poissonniers — est l’illustration de l’indécision et de l’incohérence des pouvoirs publics.

Tantôt, les forces de police interviennent, tantôt elles restent plantées sur place offrant alors aux habitants l’image de l’impuissance publique et donnant aux vendeurs le signal d’une autorisation tacite d’exercer leurs activités en toute liberté.

La Municipalité, si elle devait en venir à considérer que certaines de ces activités peuvent être légalisées dans un espace dédié, comme pour les biffins, ne donne pour l’instant aucun signe dans ce sens.

 

Proposition 2
Nous proposons de distinguer les activités des réseaux de trafics organisés de celles des populations réellement démunies et de trancher différemment. Pour les premiers il s’agira de démanteler leur organisation et de les empêcher d’occuper l’espace public et, pour les autres de leur faire bénéficier d’un accompagnement social ou de leur aménager un espace de vente. Les ASP (Agents de Surveillance de Paris) pourraient être employés en renfort aux forces de l’ordre de façon à occuper le terrain en permanence.
 
 

3 - Les copropriétés et les logements sociaux, acteurs [retour au sommaire]

Les copropriétés, un peu à l’image des commerces, participent à l’équilibre d’un quartier et à sa dynamique. Or elles font, de façon récurrente, l’objet d’intrusions de dealers, de toxicomanes ou de prostituées. Plus ou moins pauvres, plus ou moins informées de leurs droits ou des dispositifs existants pour les faire valoir, certaines ne parviennent pas à faire face et à donner des réponses adéquates à leurs problèmes – problèmes qui deviennent alors les problèmes de tous. Il faut toute l'insistance des riverains pour que la police intervienne, de façon curative et  dans la limite des lois existantes, pour déloger les délinquants.

Proposition 3a
Nous pensons qu’un dispositif préventif à l’initiative des élus municipaux pourrait être mis en place. Ce dispositif consisterait à informer et conseiller, de façon large et préventive, les conseils syndicaux, et à réunir certains d’entre eux dans des rues devenues difficiles. Des aides financières pourraient être dégagées pour répondre aux situations d’urgence (comme la sécurisation d’une entrée, un commerce ou un bar posant problème), quitte à ce qu’elles fassent ensuite l’objet d’un remboursement de la part des bénéficiaires.
 
Proposition 3b
Dans les logements sociaux situés en secteurs réputés difficiles, nous préconisons que les locataires soient informés de l’existence d’un dispositif similaire pour les soutenir et les encourager à se constituer en collectif d’immeuble soucieux de leur environnement. Co-locataires, ils se constituent alors sous une forme d’assemblée proche de celle d’un conseil syndical.
Nous pensons que chaque immeuble social devrait disposer d’un gardien logé sur place pour faire le relais avec le bailleur social et pour lancer les alertes nécessaires en cas de non-respect du règlement intérieur (sécurité, entretien, nuisances de voisinage, deal…).
 
 

4 – La prostitution, conditions de sa présence et de sa disparition [retour au sommaire]

prostitutionLa prostitution, du moins son ampleur depuis quelques années, est la conséquence de la prolifération de commerces et de bars communautaires  qui, légaux ou illégaux, ont remplacé l’ancien tissu commercial de proximité en voie de disparation à certains endroits. Les proxénètes trouvent dans cet afflux de personnes, venant le plus souvent de la proche banlieue, la clientèle pour les prostituées qu’ils amènent sur place et déplacent à toute heure du jour ou de la nuit.

Les passes se font dans les cages d’escalier, les arrière-boutiques, les parkings, les chantiers et les appartements. Cette prostitution esclavagiste est la plus redoutable pour les quartiers populaires parce que très organisée.

La police s’applique à faire tomber les réseaux de proxénétisme et la Mairie actuelle a mis en place un dispositif pour tenter d’en extraire les jeunes femmes.

 
Proposition 4
En complément de la proposition 1, recentrer les commerces et les activités économiques sur les besoins vitaux des habitants est une condition nécessaire pour éradiquer le phénomène de la prostitution de façon durable sur nos quartiers. Là encore, le dispositif municipal si bien nommé Vital’quartier représente une partie de la solution. Il doit être étendu au 18ème Est en urgence et en priorité sur des endroits précis.
Nous pensons également que, dans le prolongement des propositions 3 et 4, il est de la responsabilité de la Municipalité de diffuser auprès des copropriétés les informations sur les moyens d’actions contre l’implantation dans les immeubles de la prostitution organisée.
 
 
 

5 – La toxicomanie, en sortir [retour au sommaire]

Les habitants de Stalingrad, La Chapelle, de la rue Philippe de Girard, de la rue Marx Dormoy, et de la Goutte d’Or connaissent bien, ou ont connu, les nuisances et les dangers encourus par leurs familles dans un environnement de trafic et de consommation de drogues dures dans l’espace public.

toxicosMême s’il est parfaitement compréhensible de vouloir circonscrire le phénomène pour protéger sa famille, il est moralement difficile de se satisfaire de l’idée d’un cantonnement qui maintient les toxicomanes dans leur enfermement et sans solution.

D’autant que, cantonnés dans le périmètre d'une salle d'injection ou de "soins", ils peuvent y provoquer et subir quasiment les mêmes nuisances qu'ailleurs.

Rappelons que les scènes de "shoot à ciel ouvert" necrack constituent qu’une partie des préjudices subis par les habitants, l’autre résultant de la nécessité pour les toxicomanes d’obtenir rapidement l’argent de leur drogue par tous les moyens.

Rappelons aussi que les poly toxicomanes, qui sillonnent certains secteurs du 18ème, relèvent aux trois quarts de pathologies lourdes et donc des compétences de l’Hôpital public.

 
Proposition 5
Nous proposons que, lorsque le tribunal prononce une injonction thérapeutique, cette décision soit considérée comme une obligation et suivie d’effets. Dans ce but, un dispositif de contrôle doté de moyens suffisants devra être mis en place. La politique de santé publique devra être revue en matière de soins afin d’aider les patients à sortir de leur enfermement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, faute de moyens en personnel et de volonté politique.
 
 
 

6 - L’école, retisser les liens, par le haut [retour au sommaire]

ecoliersL’école est le reflet d’une société et, pourrait-on dire, celui de son avenir. Elle n’est sans doute plus sanctuarisée, et le savoir n’est plus aussi respecté, mais elle fait toujours l’objet d’une forte attente de la part des familles qui y voient, pour leurs enfants, la clef de l’accès à l’emploi.

Dans nos quartiers, parmi des populations d’origines diverses souvent en précarité matérielle, un enfant qui parvient à persévérer dans ses études peut espérer se préparer un avenir. En revanche, en cas d’échec scolaire, il devient rapidement vulnérable à toutes les dérives. Il peut très vite se trouver enrôlé par une bande de trafiquants et gagner beaucoup d’argent facilement.

Pour autant, nous ne croyons à aucune fatalité et nous voyons là les effets d’une politique et d’un urbanisme de relégation.

Quand les quartiers populaires n’étaient pas cantonnés au Nord Est de la capitale, la sectorisation des collèges, qui tirait les enfants de toutes les origines vers le haut, était un facteur d’intégration. Aujourd’hui, elle a l’effet exactement inverse pour la majorité des enfants.

 
Proposition 6a
Nous pensons qu’il faut étudier et expérimenter sur les quartiers populaires du 18ème un système d'échange ponctuel d’élèves avec les collèges d'autres quartiers et mettre en relief des projets réalisés en commun entre ces établissements (théâtre, musique, sport par exemple). Pour favoriser et faciliter ces types d’échanges, il faut corrélativement mettre en place des pôles d’excellence ou des enseignements particuliers dans les collèges de nos quartiers.
Nous voyons dans ce dispositif le moyen de tirer les enfants vers le haut et de favoriser la réussite scolaire.
 
Proposition 6b
La généralisation d’un tutorat avant que les enfants ne se trouvent en échec scolaire – perte d’estime de soi – est une autre partie de la solution aux difficultés de nos écoles. Nous proposons de réduire le loyer des étudiants installés dans les résidences étudiantes à proportion du temps qu’ils passeront dans la fonction de tuteur.
 
 

L’ensemble de ces mesures a pour objet de désenclaver le quartier et de recréer du lien autour des enfants.

 

7 - Maisons de quartier, piste pour une solution [retour au sommaire]

De plus en plus de jeunes en échec, même s’ils vont encore à l’école, sont en fait déscolarisés. D’autres, au chômage après quelques petits boulots, n’auront connu du monde du travail que très peu de choses. Sans liens collectifs qui pourraient leur assurer une socialisation, ils se trouvent à passer leur jeunesse, au mieux à «tenir les murs», et au pire à trafiquer ou voler bijoux et portables.

 

Proposition 7
C’est pourquoi nous pensons qu’il faut instaurer ou réinstaurer des Maisons de quartier, à l'image des anciennes MJC,  en tenant compte de l’évolution des besoins aussi bien des jeunes que des parents. Sport, loisir, culture, aide aux devoirs, alphabétisation, aide à l’emploi (une antenne Pôle Emploi pourrait y être présente) seraient proposés sous la responsabilité et le contrôle directs de la Municipalité. Nous y voyons le moyen de recréer des liens entre jeunes et adultes. Nous pensons aussi qu’il faut davantage maîtriser l’usage des subventions versées aux associations, toutes n'ayant pas fait la preuve de leur utilité ou de leur sérieux.

 

8 – Services publics de proximité, une nécessité [retour sommaire]

Les services publics sont absents de certains quartiers du 18ème. Une seule agence Pôle Emploi dans la partie populaire de La Chapelle, disparition de l’antenne de la Sécurité Sociale de la rue Stephenson, disparition programmée de l’Hôpital Bichat, réduction du service de La Poste,... sont quelques exemples de l’absence ou du retrait des services publics sur ces territoires.

La RATP ne parvient toujours pas à assurer la sécurité de ses usagers dans certaines stations comme Marcadet-Poissonniers, Château-Rouge. Pire, elle en retire ou souhaite en retirer la présence physique de ses agents. La police a certes un commissariat dans un quartier sous tension comme celui de la Goutte d’Or mais la police de proximité annoncée comme solution aux problèmes de sécurité n’est toujours pas à pied d’œuvre et on peut craindre que les effectifs annoncés ne soient pas à la hauteur des enjeux.

 
Proposition 8
Nous pensons donc que les élus qui seront en charge de la Municipalité de Paris en mars 2014 devront œuvrer auprès de l’Etat pour que ces services publics et leurs actions soient redéployés là où ils sont le plus nécessaires.
 
 

9 - L’urbanisme, cache-misère ou citoyenneté retrouvée [retour au sommaire]

La Municipalité ne cesse de se féliciter de la construction de logements sociaux.

Elepapillonlle met en vitrine la disparition de l’insalubrité et la Haute Qualité Environnementale (HQE) de ses constructions comme étant la solution magique aux problèmes rencontrés.

La tendance à la résorption de l’insalubrité est indéniable. Mais la qualité des bâtiments livrés, bien que labéllisés HQE, ne s’inscrit pas dans une logique de développement durable. Elle est souvent déplorable, ou pour le moins discutable si l’on considère la quantité de malfaçons. Faisant fi du caractère faubourien de ces quartiers, son esthétique l’est tout autant, et il est certain qu’un tel urbanisme n’aurait jamais trouvé à se développer  sur la butte Montmartre.

Il auraitbeton été bon de s’interroger sur ce qui a été fait d’une partie de Belleville à une époque ou, plus récemment, dans la Goutte d’Or sud pour en tirer les leçons.

A cet égard, nous pensons que le travail d’alerte et de contestation de la politique d’urbanisme actuelle par des moyens juridiques, comme le fait Cavé Goutte d'Or, est utile et porteur de réflexion et responsabilisation.

 

Proposition 9a
Nous proposons de ne pas laisser aux seuls architectes des SEM de la Ville le choix de vie ou de mort sur les bâtis anciens, ou l'exclusivité des décisions en matière d'urbanisme dans les quartiers populaires du 18ème. Les habitants qui animent et habitent ces quartiers doivent avoir leur mot à dire et être aussi maîtres d’ouvrage de plein droit et de façon permanente.
 

La Municipalité s’est fixé des quotas de logements sociaux à atteindre. Elle les construit dans les quartiers où le prix du foncier est le moins élevé, là où subsistent encore des possibilités foncières, par le biais d’opérations de démolition d’habitat insalubre par exemple.

Il existe trois catégories de logements sociaux : PLAI (Prêt Locatif Aidé d'Intégration), PLUS (Prêt Locatif à Usage Social), PLS ((Prêt Locatif Social)). La première et la seconde catégorie sont destinées aux familles à très faible revenu et aux familles à revenu modeste, la troisième aux familles à revenu moyen.

Peu de logement PLS sont construits dans le Nord Est Parisien, quasiment aucun dans un quartier comme la Goutte d’or.    

L’intention proclamée de la Mairie de réintroduire de la mixité sociale dans nos quartiers est donc plus un slogan qu’une réalité.

Les bénéficiaires des logements, PLAI ou PLUS, quand ils découvrent la réalité très dégradée de l’environnement qui leur est proposé, déclinent l’offre ou repartent dès qu’ils le peuvent. Car, les problèmes qu’ils découvrent et qui leur sont posés par les écoles, les commerces, les trafics de rue, la toxicomanie, la prostitution deviennent rédhibitoires.

Seuls restent, captifs, ceux qui n’ont pas de solution alternative, c'est-à-dire les familles les plus en difficulté.


 
Proposition 9b
Nous pensons qu’il faut augmenter le nombre de logements à destination de revenus moyens pour que la mixité sociale devienne une réalité.
Parallèlement, nous proposons de permettre aux locataires, le plus souvent captifs, de peser sur les décisions municipales. Deux pistes, au moins, sont envisageables.
La première, dans le prolongement de la proposition 3b, consiste à instituer des assemblées de locataires dans chaque immeuble en les dotant du pouvoir d’engager une consultation auprès de l’ensemble des familles du parc social d’un quartier. Le résultat de cette consultation aura valeur d’obligation pour la Municipalité qui devra revoir ses décisions ou faire appel à la préfecture.
La seconde est d’instituer une commission de recours tripartite (habitants, élus municipaux et représentants de la préfecture)  statuant sur des faits avérés de nuisances, troubles, dégradations à l’intérieur d’un immeuble ou à sa proximité. Les conclusions de cette commission pourront aller jusqu’à une décision de relogement sur un autre site. A charge pour les acteurs institutionnels de remédier aux problèmes soulevés qui entrent dans leur champ de compétences.  
 
 

10 – Les conseils de quartiers, des Objets Virtuels Non Identifiés [retour au sommaire]

ovniLe statut des conseils de quartier demeure ambigu et leur rôle n'est pas bien identifié . La procédure de constitution des différents collèges par tirage au sort — avec très peu de volontaires— et l’absence de pouvoir de décision de ces conseils les rendent peu convaincants. Pour notre part, nous avons voulu jouer le jeu dans le cadre de cette « démocratie participative », si bien nommée puisque qu’il s’agit avant tout de donner aux habitants un simple sentiment, celui de participer.

En réalité, la mise en place de cette "démocratie participative" est surtout le signe d’un appauvrissement, sinon d’un échec, de la démocratie locale dans les grandes villes et, plus particulièrement, dans le 18éme arrondissement de Paris.

Loin de mettre ou remettre les habitants au centre de la vie municipale, elle n’est qu’une des façons de créer une fausse courroie de transmission entre élus et administrés.

 
Proposition 10
 Nous sommes convaincus que la consultation de l’arrondissement, à l’initiative d’un dixième de ses habitants, serait un moyen de revivifier cette démocratie municipale mal en point. Ramener les élus aux réalités du terrain, susciter leur écoute et leur réactivité sur toute la durée d’une mandature, sont des objectifs à atteindre. La loi ouvrant la possibilité d’organiser un referendum d’initiative populaire, à l’échelle nationale, est un précédent qui devra nous encourager à solliciter le législateur pour ouvrir une telle possibilité à l’échelle municipale.
 
 

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