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Pari citoyen Paris 18

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Nous publions ici la lettre pétition adressée à Madame Hidalgo avec une centaine de signatures d'habitants et commerçants. Elle est toujours d'actualité puisqu"elle recueille encore de nombreuses signatures dans le quartier de la Goutte d'or. Nous publions également sa réponse communiquée à tous ceux qui avaient laissés une adresse sur la pétition, essentiellement des commerçants. Voir sa réponse par ce lien.

  « Madame

 Nous nous adressons à la 1ère Adjointe du Maire de Paris que vous êtes et à la candidate se présentant aux suffrages des Parisiens que nous sommes.

 

 En dépit du travail engagé depuis bientôt 9 mois dans le cadre de la ZSP Goutte d’or et d’améliorations ponctuelles constatés sur certaines problématiques – nos courriers et  bilans du Collectif Château rouge Goutte d’or en témoignent – nous voulons vous faire part de l’incompréhension des habitants qui enragent de l’aggravation de l’occupation de l’espace public par les vendeurs à la sauvette sur le triangle Dejean/Poulet/Poissonniers ponctué par de courtes périodes de rémission. 

Il est quasiment devenu  impossible de traverser  la rue Dejean quand on sort du métro  sauf à vouloir jouer des coudes et au risque de déclencher l’agressivité des vendeurs (ses) de contrefaçons en renversant les étals de cartons tant est dense leur concentration au milieu de la chaussée. Certains riverains en sont venus à faire un détour par la rue Myrrha. Sur la rue Poulet ou le tronçon de la rue des Poissonniers, il faut généralement renoncer à marcher sur les trottoirs occupés par les contrefaçons ou les vendeuses de safou. S’y sont rajoutés depuis quelques semaines des vendeurs de portables Samsung, des vendeurs de bijoux présentés dans des parapluies ouverts et des vendeurs de cacahuètes. Sur la rue de Suez des commerçants en pied d’immeuble se mettent à la mode en occupant la moitié des trottoirs avec des étals en carton superposés, sans doute pour faire plus authentique, alors qu’ils n’ont probablement aucun droit à l’étalage.  Le pire est donc encore possible !

 Nous n’ignorons pas qu’un travail de remontée des filières pour atteindre les têtes a été engagé – pour combien de temps ? Et ce travail est-il fait sur Dejean/Poulet/Poissonniers ? Quoi qu’il en soit, en attendant il nous est devenu insupportable de ne pas avoir un accès normal à ces rues sauf à devoir nous faufiler  et livrer bataille plusieurs fois par jour pour pouvoir circuler sur ces axes majeurs du quartier donnant accès au métro.

 La situation est redevenue grave. Les résultats des premiers mois de cette ZSP avaient pourtant été salués avec espoir par les habitants qui avaient pu enfin se réapproprier l’espace public, comme ils avaient déjà pu le faire de novembre 2011 à février 2012 quand le Préfet, Michel Gaudin, avait mis en place un PSR, Périmètre de Sécurité Renforcée, sur Château rouge avant que les effectifs ne disparaissent. Le 19 avril 2012 madame Myriam El Khomri et monsieur Daniel Vaillant avaient d’ailleurs alerté monsieur Gaudin par écrit et en ces termes : « Pourtant depuis plusieurs semaines ces renforts de police ont disparu. Or nous savons tous que ces dispositifs de sécurisation ne prouvent leur efficacité que s’ils s’appliquent dans la durée. Cette absence de moyens humains met à mal toute la dynamique de réappropriation de l’espace public engagée avec les riverains [..] et les commerçants. »

 Un an après, presque jour pour jour, madame El Khomri n’a d’ailleurs pas changé d’avis comme en témoigne le courrier qu’elle nous a adressé le 23 avril 2013 en réponse au premier bilan de la ZSP que nous avions fait : « Je tiens à être claire. L’amélioration ne pourra se faire qu’en complément d’une présence de l’ensemble des services de police sur le terrain, visible et dissuasive. Vous l’avez constaté, ces dernières semaines, le dispositif n’a pas été satisfaisant, autant sur Château-Rouge que sur le carrefour Barbès. Si cette baisse des effectifs se justifie par de nombreuses manifestations qui ont eu lieu sur l’ensemble de l’agglomération parisienne, nous sommes intervenus avec Daniel Vaillant directement auprès du Préfet de Police pour porter cette demande de « sanctuarisation » d’effectifs sur la ZSP, ce qu’il a accepté et nous a à nouveau confirmé hier. »

Par deux fois la municipalité s’est donc prononcée pour un maintien dans la durée des effectifs et récemment le nouveau préfet, monsieur Bernard Boucault, en réponse confirmait son accord sur le principe de « sanctuarisation » de la ZSP à une municipalité qui est de la même couleur politique que lui.

 Ce décalage entre les discours et la réalité interpellent forcément les habitants. Que doivent-ils comprendre ?  Pourquoi les autorités municipales et les autorités préfectorales partagent le diagnostic des habitants alors que sur terrain il n’y a plus aucun changement ? C’est même pire : les effectifs ne sont pas revenus dans leur intégralité alors que les vendeurs à la sauvette prospèrent et se multiplient. Ils sont même plus agressifs que jamais puisqu’ayant repris confiance dans leur force et leur nombre ils ne craignent plus « d’aller au contact ».

 En fait nous avons le sentiment que des tiraillements existent au sein de la majorité municipale et que la ligne de fermeté affichée par madame El Khomri n’est pas partagée par tous le monde.

 Aujourd’hui nous pensons qu’il devient indispensable de prendre les mesures qu’impose cette situation qui perdure, s’aggrave et devient anxiogène pour les habitants et même certains commerçants en perte de nombreux clients du quartier. Des choix s’imposent peut-être : soit les réseaux de sauvettes enfreignent la loi et leur éloignement est du ressort de la force publique, soit la Mairie les prend en charge en leur trouvant un lieu qui ne serait pas l’arlésienne du  « marché des 5 continents »  pour qu’ils effectuent leurs ventes sans obstruer l’espace public (il est vrai que cela peut être délicat puisque pour la plupart il s’agit de la vente de copie de marques).

Quoi qu’il en soit les habitants ne doivent pas continuer de pâtir plus longtemps des indécisions et de demi mesures visant à ne pas heurter les quelques opposants à la ZSP ni continuer à subir la préemption et l’obstruction de l’espace public à des fins privées.

 Gageons que dans votre programme pour les municipales vous saurez, Madame, tracer une ligne claire entre ces deux options et l’appliquer sur le terrain.

 Nous vous prions de croire, Madame la 1ère Adjointe au Maire et candidate, en l’assurance de notre haute considération. »

 

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